Tennis et préférences motrices naturelles

Lundi 23 Aout 2021


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L'objectif principal des articles de ce blog détaillant les fondamentaux technique a toujours été de montrer, en s'appuyant sur l'exemple des joueurs et joueuses de haut niveau, qu'il n'existe pas une seule et même façon d'effectuer un coup performant. Types d'appuis préférentiels, prise de raquette, plan de frappe plus ou moins avancé, plus ou moins éloigné du corps sont quelques exemples des variations que nous avons pu observer lors de la rédaction de ces articles. 

De la même manière, il suffit de regarder dès le plus jeune âge un groupe d'enfants courir pour observer différentes manières de se déplacer, et ce sans qu'il n'y ait d'apprentissage préalable : certains présenteront naturellement une course "tonique" sous forme de rebonds quand d'autres utiliseront une course plus linéaire, plus "tassée" mais pas forcément moins efficace. Sans en avoir conscience, ces enfants utilisent une course adaptée à leur préférences motrices naturelles.

Si la prise en compte de la morphologie du joueur puis sa latéralité permettaient déjà aux enseignants de tennis d'orienter leurs choix sur le plan technique, le développement de l'approche par préférences dans le domaine du sport, réalisé notamment par Cyrille Gindre (laboratoire Volodalen©) ou par Bertrand Theraulaz et Ralph Hyppolite (démarche Action Types©) permet de repousser les frontières de l'individualisation de l'entraînement physique et technique.

Les préférences motrices naturelles permettent de déterminer dans quelles situations le corps va être le plus efficace dans la production de force et dans l'économie d'énergie.

Cet article vous propose une présentation des préférences motrices naturelles et les conséquences dans la formation et le travail à privilégier en fonction du  profil du joueur, quelque soit son niveau de pratique.

 

1/ Préambule


Lorsque l'on parle de préférences motrices naturelles, il ne faut pas uniquement penser dispositions génétiques. En effet, si ces dernières entrent bien évidemment en ligne de compte, il convient également de prendre en compte l'environnement dans lequel le sportif a grandi, les apprentissages liés aux différents sports pratiqués, la morphologie et une part de... mystère !!

De plus, certaines préférences peuvent évoluer avec le temps, en fonction des incidents/blessures de la vie, du vieillissement engendrant une perte de la force musculaire ainsi que de la souplesse ou du fait d'un entraînement sportif très intensif.

Pour cette raison, il est important de connaître l'historique du sportif dont les préférences vont être testées
et de prendre conscience que ces tests vont révéler les préférences motrices à un instant précis de sa vie et de sa carrière.
 

2/ Terrien ou aérien

Si vous possédiez il y a quelques année une console Wii de chez Nintendo équipée de la Balance Bord,  l'appareil proposait d'analyser lors de la mise en route le positionnement de votre centre de gravité pouvant donner un résultat de ce type :



Pour la console et les concepteurs, on peut voir que le fait d'avoir un centre de gravité légèrement en arrière et à droite est un soucis qu'il convient de corriger. De la même manière, certains praticiens comme les kinésithérapeutes et les ostéopathes vont chercher à corriger ce genre de "déséquilibre" en s'appuyant sur une analyse sur plateforme stablilométrique. La norme est à l'équilibre "parfait" et donc centré, pourtant, il n'est pas rare de voir un sportif se blesser après une séance de ce style sans savoir pourquoi puisque son corps est "réajusté".

L'étude des préférences motrices naturelles par d'un postulat contraire : le déséquilibre observé n'est plus une anomalie mais une information précieuse sur le fonctionnement du corps.

 Il existe deux grandes possibilités d'initier le mouvement et de s'équilibrer, en terrien ou en aérien.

 - Terrien : trouve son équilibre sur l'arrière et initie le mouvement par le bas du corps. En station debout, les hanches vont avoir tendance à se situer en avant des épaules. En situation de course et de marche, on observe généralement un centre de gravité assez linéaire, une pose du pied en avant du corps par le talon avec déroulé, un temps de vol faible et une flexion assez importante des jambes.

 - Aérien : trouve son équilibre sur l'avant et initie le mouvement par le haut du corps (les épaules). En station debout, les épaules vont se placer légèrement en avant des hanches. En situation de course ou de marche, on observe une variation assez marquée verticalement du centre de gravité, une pose de pied sous le corps plutôt à plat voire sur l'avant pied, un temps de vol plus important et une flexion faible des jambes.

   
Crédit images : laboratoire Volodalen

Le terrien va essentiellement chercher à se déplacer de manière horizontale : il va pousser le sol derrière lui en utilisant prioritairement une action musculaire concentrique. L'aérien quand à lui va trouver de l'énergie dans le rebond grâce à une action pliométrique du bas du corps.

Les chaînes musculaires utilisées en priorité vont également différer en fonction de son profil :



@ www.methode-busquet.com

Ainsi, un sportif typé aérien utilisera prioritairement les chaînes musculaires d'extension et croisées d'ouverture. Un terrien au contraire utilisera la chaîne de flexion ainsi que la chaîne croisée de fermeture. Cette information est primordiale afin de personnaliser la préparation physique du sportif en fonction de son profil :

 - pour l'aérien, le travail prioritaire sera centré sur les étirements musculaires de la chaîne arrière, l'équilibre et gainage aérien, des rebond verticaux et horizontaux (travail pliométrique).

 - pour le terrien, les exercices proposés viseront en priorité à développer la mobilité, le gainage centré sur le centre du corps (autour des hanches), et des situations de poussées verticales et horizontales (travail concentrique)

Application pour le travail du joueur :

On peut parfois entendre qu'un coup aérien est joué en extension, les pieds décollés du sol alors que le joueur terrien va plutôt chercher à rester les pieds au sol.
Ce raccourci est totalement faux... On peut voir régulièrement des joueurs terriens comme Nadal et Raonic frapper leur coup en extension


Le fait d'être terrien ou aérien va déterminer la manière d'équilibrer le corps mais également la façon de produire de la force soit à partir de la poussée (terrien) soit à partir du rebond (aérien).

La position d'attention :

L'aérien va venir chercher son équilibre sur l'avant, le bassin en antéversion avec une flexion peut importante au niveau des jambes afin de privilégier le travail pliométrique par le rebond (Federer). Le terrien quand à lui va chercher son équilibre plutôt sur l'arrière, avec une flexion des jambes plus importante, le bassin en rétroversion afin de privilégier la flexion puisque la force va prioritairement provenir d'un travail concentrique (Nadal)

         

Lors de la frappe : Exemple du coup droit

On retrouve lors de la frappe la même différenciation au niveau de l'équilibre entre le terrien et l'aérien.

   

Chez l'aérien comme Roger Federer :

1/ la préparation va débuter par le haut en se grandissant
2/ la pose des appuis au sol qui vont être relativement courts pour favoriser le rebond 
3/ La phase de frappe avec grandissement vers le haut.

On peut noter à la fin du geste les épaules qui viennent se placer en avant du bassin, au dessus de l'appui avant ce qui est caractéristique de l'accompagnement chez le joueur aérien


    

   

Chez le terrien comme Rafael Nadal ou Serena Williams :
1/ la préparation avec le centre de masse qui descend pour favoriser la flexion
2/ la pose des appuis au sol avec un ancrage fort au sol, le centre de masse se situe en arrière ds appuis
3/ La phase de frappe où le joueur à projeter vers l'avant la raquette, la hanche et l'épaule. A noter que l'équilibre se situe toujours sur l'arrière des appuis.

Lors de l'accompagnement, le centre de masse se situe toujours sur le 1/3 arrière des appuis montrant encore une fois cette priorité du joueur terrien de s'équilibrer dans cet espace arrière.

Une autre différence entre terrien et aérien concerne la position préférentielle sur le terrain. En effet, un terrien aura tendance à préférer se placer plus loin de sa ligne de fond de court alors que l'aérien préférera quant à lui jouer plus proche de sa ligne. Comparons les position de retour de service de Thiem (terrien) et Wawrinka (aérien) :

 
 

3/ Jambe de flexion et jambe d'extension

Nous avons déjà tous pu constater des différences d'efficacité entre nos deux jambes pour sauter, tenir en équilibre, monter sur une chaise ou tout simplement effectuer une fente avant. Nous avons pu également constater en observant les semelles de nos chaussure que l'usure n'est, le plus souvent, pas identique : il y a le plus souvent une usure visible plutôt en intérieur sur une et en extérieur sur l'autre.



L'explication tient dans le fait que nous avons un coté à l'aise en flexion (une jambe tige) et l'autre en extension (la jambe liane). Cette différence va s'observer lors de la course avec du coté l'appui de la jambe d'extension le poids du corps positionné sur l'externe et le pied plutôt dans l'axe de la course alors que pour l'appui sur la jambe de flexion, ce sera sur le coté interne du pied avec un pied généralement plus sur le coté comme nous pouvons voir avec Kipchoge, recordman du monde du marathon en 2018 :

 

L'analyse de sa foulée nous montre une jambe d'extension droite et une jambe de flexion gauche.

Chez le joueur de tennis, connaître cette distinction va être déterminent dans le travail de la jambe d'appui demandé car si dans tous les cas un appui sur la jambe d'extension permettra de développer plus de force avec un temps de contact plus court, certains joueurs préfèrent utiliser leur jambe de flexion, nécessitant un temps de contact plus long.

De plus, il a été montré que la hanche est plus rigide du coté de la jambe d'extension que du coté de la jambe de flexion. Il convient donc de faire particulièrement attention dans le contrôle de la hanche lors des frappes en appuis ouverts sur let jambe ou encore sur l'avancée de la hanche au service si la jambe avant est celle d'extension. Il pourrait en résulter des blessures.

Observons les différences de stratégies motrices sur un coup droit de décalage de droitier entre Tsitsipas, droitier et aérien à droite, Raonic, droitier et terrien à droite et Nadal, Gaucher et terrien à droite :

   

Sur cette série de prise de vue Tsitsipas, on observe la pose d'un appui fort à droite (jambe d'extension). Le pied gauche vient se poser au sol mais va jouer le rôle de stabilisateur. La poussée s'effectue sur la jambe droite et les épaules et les hanches sont placées en avant des appuis à la frappe.

   

Sur une séquence quasi identique, Milos Raonic va utiliser une organisation motrice différente : il va rester un peu plus face à la balle pour venir poser un appui fort sur la jambe gauche qui est sa jambe de flexion. Le temps de contact au sol est assez important.

Dans son coup, la jambe droite ne joue le rôle que de stabilisateur et la poussé plus longue que pour le joueur grec est réalisée par la jambe gauche. On peut noter que son bassin reste en arrière de l'appui avant contrairement au joueur grec.

A noter tout de même : en fonction de l'intention de jeu, Raonic réalise régulièrement des coups droits de décalage en appui sur sa jambe droite (sa jambe d'extension). Il est intéressant de noter que dans ce cas là, il cherche généralement à se projeter vers l'avant.

   

Sur ce coup droit de décalage de Nadal, le joueur espagnol va poser un appui jambe gauche (jambe de flexion) et chercher à venir positionner le centre de masse au dessus. La poussée importante au sol va engager la rotation des hanches et des épaules vers l'avant ce qui va permettre le retard de la tête de raquette puis la projection vers la balle.

On peut observer encore une fois à l'approche de la frappe un centre de masse se situant légèrement en arrière avec un bassin en rétroversion.
 

4/ Le cadran du mouvement®

Le cadran du mouvement est une spécificité du laboratoire Volodalen®. Il propose d'analyser la trajectoire du centre de masse durant le geste sportif. En découpant l'espace en 4 zones autour du sportif, le cadran du mouvement permet de déterminer les zones où l'athlète va plus facilement se mouvoir et produire le mouvement et au contraire celles qu'il va chercher à éviter.

Pour chaque motricité terrienne et aérienne, il y a 4 profils possibles :

- Profils aériens :

             

Chez l'individu aérien, le point 1 (où on a le plus de tonus et de force) se situe en avant et coté de la jambe d'extension. Le point 4 se trouve automatiquement en arrière du point 1.

On peut noter qu'il existe un profils plus aérien (point 1 et 2 devant) et un profil plus neutre (point 1 devant et point 2 derrière). Les athlètes aériens avec point 2 devant sont généralement très forts en extension mais présentent des difficultés en flexion. Les athlètes aériens avec point 2 derrière sont souvent plus adaptables à toutes les situations mais un peu moins efficaces en aérien.



- Profils terriens :

             

Chez l'individu terrien, le point 1 se situe en arrière et comme pour l'aérien du coté de la jambe d'extension. Le point 4 se situe en avant et du coté opposé au point 1.

Comme chez l'aérien, il y a un profil le plus terrien avec point 2 en arrière, très à l'aise en flexion mais en difficulté en extension. Le profil "mixte" avec point 2 devant est plus adaptable vers l'avant mais on peut noter une forte préférence latéral puisque le point 1 et 2 se retrouvent du même coté.

Application pour le travail du joueur :

Pour comprendre le mouvement du centre de masse et les stratégies adoptées par les meilleurs joueurs du monde, prenons l'exemple de Federer et Nadal au service.

Federer, aérien à droite, associé, point 2 derrière, épaule motrice gauche.



 

On peut observer que la stratégie motrice exploite du service exploite complètement ses forces : il préparer dans le point 2 pour ensuite aller vers son point 1.

- Nadal, terrien à droite, dissocié, point 2 en arrière, épaule motrice droite.



 

Conernant le joueur espagnol, on peut observer une position de départ au niveau du point 1 mais ensuite, assister à une stratégie d'évitement du point 4. En effet, pour éviter de se retrouver dans l'espace qui lui pose le plus de problème, on peut voir que Nadal termine son geste en avant et à droite, soit au niveau de son point 3. Ainsi, ce qui pourrait être considéré comme un problème technique est en fait une adaptation aux préférences motrices du joueur.


Si on observe également son coup droit on trouve également un trajet du centre de masse correspondant aux préférences avec un passage de l'arrière gauche (point 2) à l'arrière droit (point 1).



 

 

5/ Associé et dissocié

Lorsqu'un joueur manque de longueur ou de vitesse de balle, un conseil souvent proposé est de chercher à plus ouvrir la ligne des épaules par rapport à celle des hanches afin de stocker de l'énergie en mettant en tension le haut du corps. En faisant cela, on demande au joueur d'augmenter ce qu'on appelle le facteur X, à savoir l'angle entre la ligne des hanches et celle des épaules.


@golfsciencelab.com

Si cette astuce peut parfois fonctionner, elle peut provoquer chez le joueur une perte d'allonge, de coordination voire même une blessure. C'est là que rentre en jeu la notion de motricité associée et de motricité dissociée.

Chez les associés, la ligne des épaules et celles des hanches fonctionnent en synergie. Le facteur X est généralement très faible même s'il est existant et le point de rotation se situe entre les 4èmes et 5èmes lombaires.

         


Chez les dissociés, les lignes des épaules et des hanches sont indépendantes. Le facteurs X est de ce fait plus prononcé et le point de rotation se situe sur la 8ème dorsale.

   

Ainsi demander à un joueur associé d'augmenter l'angle entre sa ligne des épaules et sa ligne des hanches pour gagner de la vitesse de tête de raquette risque de produire l'effet l'inverse avec une perte de synchronisation et un risque fort de blessure.
 

6/ Motricités large et axiale

Ces deux types de motricités sont indépendantes du fait d'être aérien ou terrien, associé ou dissocié. Certains personnes aiment amener les masses proche du corps (motricité axiale), d'autres préfèrent éloigner les masses de leur corps (motricité large).

Les joueurs présentant une motricité large va aimer agir dans l'espace latéral, un joueur présentant une motricité axial va préférer interagir dans le couloir devant lui.

Application pour le travail du joueur :

Dans la phase de préparation, l'éloignement de la raquette par rapport au corps en fonction de son profil permet d'équilibrer le corps et d'activer au maximum le tonus musculaire.



Chez un joueur possédant une motricité axiale comme Roger Federer, en préparation de coup droit comme en revers, le coude et la raquette reste très proche du corps ce qui montre une volonté de maintenir les masses proche de l'axe du corps.

   

Au service, on retrouve ce même fonctionnement avec une raquette passant très proche des appuis et restant dans l'alignement du corps.

A l'inverse, chez à joueur à motricité large comme Dominic Thiem, on observe cette tendance à éloigner la raquette du corps en préparation de coup droit et de revers :

 

Au service également, la raquette descend proche du corps dans un premier temps puis s'éloigne nettement du corps lors de la remontée.

   
 

7/ Epaule motrice

Si nous étions neutres, notre ligne des épaules serait à 90° par rapport au regard. Or, il y a une tendance naturelle à avancer une épaule par rapport à l'autre. Cette épaule est notre épaule motrice, celle qui va avoir tendance à nous diriger vers l'endroit où l'on veut aller, à initier le mouvement.

Cette particularité fait que chez un grand nombre de personne, on obtient une plus amplitude de rotation du buste du coté opposé à cette épaule. Pour résumer, une personne avec épaule motrice droite tournera aura plus d'amplitude de rotation vers la gauche, soit sur la préparation coté revers pour un droitier.

Stan Wawrinka est dans ce cas là et on peut l'observer en comparant les angles produits lors de sa préparation de coup droit et de revers : on observe nettement une plus grande amplitude de rotation coté revers que coté coup droit

 

Application pour le travail du joueur :

Le principal intérêt de connaître l'épaule motrice est de pouvoir aiguiller le joueur sur les amplitudes de préparation et d'accompagnement. Pour reprendre le cas du joueur suisse, nous avons coté revers une préparation ample coté revers et un accompagnement plutôt court :

 

A l'inverse, on retrouve donc un coup droit avec préparation plus courte mais accompagnement plus long :

 

Autre donnée importante donnée par l'épaule motrice, celui du sens de rotation préférentielle. Dans 8 cas sur 10, ce sens de rotation est anti-horaire pour quelqu'un ayant une épaule gauche motrice, horaire pour quelqu'un ayant l'épaule droite motrice. Un joueur droitier possédant une épaule gauche motrice aura une facilité naturelle en coup droit et au service, alors qu'un droitier avec épaule motrice droite sera naturellement plus à l'aise coté revers.

 

8/ Chaînes musculaires et respiratoires

Cette notion d'inspiration ou d'expiration s'applique aux terriens et aux aériens.

 - Les personnes dont la préférence est en inspiration sont ceux qui bloquent leur respiration pour exprimer la puissance

 - Les personnes dont la préférence est en expiration sont ceux qui vont expirer (souffler ou crier) pour exprimer de la puissance.

 

9/ L’œil moteur

Dans un premier temps, il convient de distinguer les notions d'oeil moteur et d'oeil directeur :

 - oeil directeur : c'est l'oeil qui donne la visée de quelque chose qui ne bouge pas

 - oeil moteur : c'est l'oeil qui donne la visée d'un objet en mouvement.

Ils ne sont pas forcément différents mais au tennis, c'est l'oeil moteur qui nous intéresse particulièrement à la fois dans la prise d'information mais également au niveau des répercutions techniques et en particulier l'avancée du plan de frappe et la prise de raquette en coup droit.

En effet, il y a deux possibilités :

 - soit le joueur est homogène, c'est à dire que l'oeil moteur est du même coté que la main qui tient la raquette. C'est le cas de Stan Wawrinka :



Sur la photo, on peut observer les caractéristiques que l'on retrouve chez un grand nombre de joueur à latéralité homogène : Bras semi fléchi à l'impact, plan de frappe au niveau de l'appui avant et prise de fermée à extrême de coup doit (Wawrinka). Le coup droit va être réalisé prioritairement en rotation par un pivot de la raquette autour du coude.

 - soit il est croisé si l'oeil moteur est la main qui tient la raquette ne sont pas situés du même coté du corps. C'est le cas de Roger Federer :



Sur cette photo, nous retrouvons les caractéristiques les plus couramment observées d'un coup droit chez les joueur à latéralité croisée : frappe bras tendu ou quasi bras tendu, plan de frappe en avant des appuis lorsque cela est possible, prise de raquette entre semi fermée (Federer) et fermée de coup droit (Nadal par exemple). Le coup va être joué prioritairement en translation de l'arrière vers l'avant.
 

10/ Cas de la laxité

Nous avons pu voir Novak Djokovic s'amuser avec un groupe de gymnaste durant les jeu de Tokyo cette année en réalisant avec elles un grand écart. Toutefois, cette anecdote nous permet également de mettre en lumière ce qui est peut être sa plus grande qualité de joueur de tennis : sa grande capacité d'adaptation motrice dans toutes les situations, à la fois à l'aise en attaque et en défense...



En effet, lorsqu'un joueur comme le serbe qui est aérien à droite, possède une laxité importante qui le rend également à l'aise en flexion, on a quasiment le prototype du joueur parfait sur le plan de la motricité, capable de s'adapter à toutes les situations, à la fois à l'aise en extension et en flexion.

Des joueurs aérien de la nouvelle génération comme Zverev et Tsitsipas semblent également posséder aujourd'hui ces mêmes qualités de souplesse.

Toutefois, la laxité, et en particulier en haut du corps peut provoquer quelques perturbations et conflits. En effet, un joueur associé et laxe en même temps risque de dissocier haut du corps et bas du corps malgré lui. De la même manière, un joueur laxe pourra voir ses préparations trop amples avec des perturbations importantes dans le rythme du coup et dans la précision. La laxité doit être contrôlée pour permettre un gain d'efficacité.
 

11/ Conclusion

Les préférences motrices sont un outils fondamental dans l'individualisation du travail du joueur et de son développement technique au tennis. Elles ont pour fondement de chercher à placer le sportif dans ses points forts moteurs afin de trouver de la qualité dans le geste produit mais également de limiter les blessures.

Bien évidemment, il n'est toutefois pas question d'imposer tel ou tel travail par rapport à un profil établi : la communication entre le joueur et l'entraîneur reste la priorité et il peut bien sûr arriver que ce qui fonctionne pour le plus grand nombre de joueurs présentant un type de profil, ne fonctionne pas pour le joueur que nous avons en face de nous. Les causes peuvent être multiples (expériences motrices antérieures, ancienne blessure, réflexe archaïques, etc...).

L'important est de mettre en avant la particularité de chaque joueur, de parfois les "décomplexer" de ne pas réussir à réaliser une consigne technique tout simplement parce qu'elle n'est pas adaptée à leur profil. L'étude des préférences motrices d'un joueur peut également montrer que ce qui peut être considérer au départ comme une erreur technique (selon les normes établies) est en fait une stratégie motrice parfaitement justifiée.

L'objectif est justement de mettre à mal cette notion de norme technique universelle pour enfin développer une nouvelle norme de l'individualisation technique et physique.

Un prochain article proposera d'ailleurs de détailler le travail physique en fonction des préférences motrices du joueur.






 

 

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